Prix Bernard Duboys de Lavigerie

Récompenser l’excellence dans les œuvres consacrées aux Terres australes et antarctiques françaises

1ère édition – Concours 2026

En 2026, l’association fêtera ses 50 ans et lance la première édition du prix Bernard Duboys de Lavigerie.

En hommage au fondateur de l’Amicale des missions australes et polaires françaises (AMAEPF), Bernard Duboys de Lavigerie, décédé en 2008, ce prix annuel vise à perpétuer sa mémoire et son engagement pour la valorisation des territoires australs et polaires français.

 Le Prix

1 000 euros pour soutenir votre projet + 2 ans d’adhésion ( 4 numéros de la Revue australe et polaire) + mise en valeur sur le site de l’AMAEPF et ses réseaux sociaux.

Objectif du Prix

Récompenser une œuvre de l’esprit contribuant à la mise en valeur des Terres australes et antarctiques françaises, des missions scientifiques et techniques qui s’y déroulent, ainsi qu’à la protection de l’environnement de ces territoires exceptionnels.

 

Domaines valorisés :

  • Missions scientifiques et techniques.
  • Vie quotidienne des personnels.
  • Activités maritimes, terrestres ou aériennes.
  • Protection de l’environnement.
  • Préservation de la mémoire et du patrimoine.

Œuvres éligibles

Le prix est ouvert à toutes les créations résultant d’une activité intellectuelle ou artistique :

  • Œuvres littéraires.
  • Créations artistiques.
  • Travaux scientifiques.
  • Productions audiovisuelles.

Critères d’évaluation : Qualités artistiques, techniques ou scientifiques, originalité du projet, et mise en valeur des valeurs portées par l’AMAEPF.

 

Dossier de candidature

Documents requis :

  • Curriculum vitae complet.
  • Copie certifiée sincère de l’œuvre.
  • Règlement lu et approuvé.

 

Modalités de soumission :

  • Envoi exclusivement électronique.
  • Adresse : prixamaepf@amaepf.fr
  • Objet : « Candidature prix BERNARD DUBOYS de LAVIGERIE ».
  • Nom du candidat dans tous les documents.

 

 

 

⏰ Date limite de candidature : 1er décembre 2025 à minuit

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Le jury se réserve le droit de ne pas attribuer le prix si aucun projet ne répond aux critères d’excellence requis.

<strong>Mieux connaître Bernard Duboys de Lavigerie</strong>

Né le 24 mars 1934 à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, Bernard Duboys de Lavigerie grandit au gré des déplacements familiaux entre Mantes, Lyon et Paris. Après des études secondaires dans diverses institutions, notamment chez les Frères maristes à Lagny-sur-Marne (1943-1948) puis au collège de Mantes-la-Jolie (1948-1953), il obtient son baccalauréat scientifique.
En octobre 1953, Bernard s’engage pour trois ans dans la Marine nationale où il se spécialise en électronique, acquérant une expertise technique qui orientera toute sa carrière.

De retour à la vie civile en 1958, Bernard intègre la Compagnie générale de télégraphie sans fil (CSF) où il travaille jusqu’en septembre 1960. Cette expérience industrielle s’avère déterminante : il y rencontre Ferdinand Gallet, ancien hivernant de Terre Adélie en 1958, qui l’oriente vers les Expéditions polaires françaises (EPF).

Recruté par le Groupe Ionosphère du Centre national d’études des télécommunications (CNET), dirigé par Daniel Lépéchinsky et assisté de Geneviève Pilet, Bernard embarque pour sa première mission polaire : l’hivernage 1961 en Terre Adélie pour effectuer des sondages ionosphériques.

Les premières missions (1961-1970)

Deux mois après son retour de Terre Adélie en juillet 1962, Bernard épouse Françoise, qui le soutiendra fidèlement tout au long de sa carrière polaire. De leur union naîtront deux enfants.

En 1961, Bernard rejoint le Groupe de recherches ionosphériques (GRI) en formation, sur proposition de Geneviève Pilet et Bernard Morlet. Sa carrière scientifique prend alors son envol avec diverses missions :

  • Mission africaine : Courte mission au Niger, à Agadez, en octobre-novembre 1962
  • Kerguelen 1964-1965 (15e KER) : Participation à la mise en route du GRI et construction d’installations techniques
  • Terre Adélie 1966-1967 (17e TA) : Développement de systèmes de télésurveillance et préparation des tirs de fusées-sondes

L’Année internationale du soleil calme

À Saint-Maur, Bernard dirige le laboratoire d’électronique du GRI. L’Année internationale du soleil calme apporte les crédits nécessaires pour moderniser les stations ionosphériques de Terre Adélie, Kerguelen et Garchy. Il supervise l’importation d’appareils de mesure des radiations ionisantes et le remplacement des anciens sondeurs par un modèle suédois nécessitant des pylônes de 72 mètres.

La décentralisation à Orléans (1968-1975)

Souhaitant quitter la région parisienne, Bernard se rapproche dès 1968 des équipes destinées au nouveau laboratoire d’Orléans-La Source. Malgré cette transition, il repart en 1970 pour un hivernage à Port aux Français en tant que responsable de la section Iono (20e KER), où il installe le premier système de numérisation des mesures développé par le laboratoire.

De retour, il s’intègre aux équipes du laboratoire d’Orléans, devenu Centre de recherches en physique de l’environnement terrestre et planétaire (CRPE), où il contribue notamment à la construction de la base d’étalonnage de Chambon-la-Forêt.

Coopération internationale et mission arctique

Bernard participe au programme ARCAD en coopération avec les équipes russes. Il contribue à la réalisation de deux pointes de fusée MR12 équipées de capteurs spécialisés pour des tirs dans l’archipel François Joseph, près du pôle Nord. En 1974, il fait partie de l’expédition française couronnée de succès en Arctique soviétique, malgré un départ en plein hiver particulièrement rigoureux.

Au pied levé, il remplace le responsable défaillant du laboratoire géophysique de Kerguelen pour l’hivernage 1975 (25e KER), mission qu’il mène avec succès.

En 1982, toujours passionné par les affaires antarctiques, Bernard saisit l’opportunité d’un poste à la Mission de recherche des TAAF. Soutenu par Bernard Morlet, il obtient son affectation par le CNET et devient adjoint au Chef de mission de recherche pour plus de dix ans.

Cette nouvelle fonction lui fait découvrir les contraintes administratives, mais il reste efficace dans la gestion du personnel scientifique de terrain. Chaque année, il effectue des rotations d’hiver austral, regrettant toutefois de ne jamais pouvoir retourner en Terre Adélie.

Avec la création de l’Institut polaire et sa délocalisation à Brest en 1992, l’ambiance change. Bernard choisit de prendre sa retraite du CNET le 1er mai 1994.

Fondation de l’AMAPOF

Co-fondateur avec Jean Volot de l’AMAPOF (Amicale des Missions Australes Et Polaires Françaises, devenue AMAEPF en 2012), Bernard en assure la présidence de 1976 à 1997. Il comprend l’importance de créer une association pour maintenir les liens entre les anciens des missions polaires et faire connaître ces régions exceptionnelles.

Sous son impulsion, l’AMAPOF se développe rapidement grâce à la Lettre puis à la Revue australe et polaire, devenant une association active qui diffuse des informations précieuses sur les territoires polaires.

Engagements humanitaires

Au-delà de l’AMAPOF, Bernard s’investit dans l’accueil et l’aide aux Chiliens ayant fui la dictature, ainsi qu’en faveur des personnes sans-papiers. Ces engagements reflètent sa foi profonde et son désir d’aider son prochain.

Bernard Duboys de Lavigerie était reconnu pour ses qualités techniques exceptionnelles et ses qualités humaines remarquables. Toujours serviable et prêt à aider, chacun pouvait compter sur son amitié et son dévouement.

Il a terminé sa vie dans l’enthousiasme et la générosité, maintenant des échanges épistolaires hebdomadaires avec de nombreux amis, la tête toujours pleine de projets, vivant « à 100 à l’heure ».

Bernard Duboys de Lavigerie s’est éteint brutalement le 19 mai 2008 à Vars (Hautes-Alpes), dans sa 75e année, entouré de son épouse et d’un petit groupe d’amis proches.

Pioneer de la recherche polaire française, Bernard Duboys de Lavigerie laisse derrière lui l’héritage d’une vie entièrement dédiée à la science polaire et aux liens humains. Son travail technique, son engagement institutionnel et son dévouement associatif ont contribué durablement au développement de la recherche française dans les régions polaires et à la cohésion de la communauté des hivernants.

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